Numérique : Les ressources humaines amorcent la mutation

Si la manœuvre digitale se dessine progressivement pour les entreprises, les réalisations cohérentes peinent à venir. La digitalisation des process RH a été engagée, mais elle a encore assez peu d’influence sur l’organisation du travail.
Les entreprises ont saisi la non-exclusivité de la mutation numérique au workflow. Le baromètre élaboré par ‘Sciences-Po’ a révélé que 46 % des entreprises possèdent des plateformes accommodées à leur approche numérique. Aussi, plus de 61% se dirigent vers une gouvernance maîtrisée. Presque la moitié des recensés vont même jusqu’à recruter des perspectives ad hoc résultant des collaborations universitaires ou via des incubateurs. Pourtant, les DRH restent paralysées par le digital.
Le numérique n’est pas qu’une question d’image. C’est la garantie d’un bouleversement de l’atmosphère professionnel, des rapports de gestion et des professions. 4 métiers sur 10 risqueraient de disparaître d’ici 5 ans. Ce sont spécialement les secteurs commerciaux, touristiques, d’assurance et banquiers qui seront les plus concernés, si l’on en croit l’étude réalisée par ‘BPI Group’.
La valorisation prioritaire du digital auprès d’une entreprise booste la croissance de celle-ci, à l’exemple de :
Dassault Systèmes avec Bernard Charlès.
Orange avec Stéphane Richard.
AXA avec Henri de Castries.

Une incarnation ingénieuse du mode d’adresse
Une entreprise positionnée en meneur dans le numérique (digital leader) gagne 17 points au niveau de ses revenus, avec une marge de 10 points supérieure aux autres (low performers). Mais encore faut-il manier la numérisation du processus des ressources humaines avec agilité. Dans ce domaine, certains se contentent juste de concevoir une page sur les réseaux sociaux ou une plateforme d’embauche, alors que cela ne suffit pas.
Certains groupes emploient le ‘big data’ dans la sélection des ‘recrus les plus modulables à une firme définie’, comme le définit Frédéric Gautier. Il est raisonnable de s’interroger sur les nouvelles limitations des entreprises de grande envergure concernant des planifications affranchies et expansives dans un environnement partenarial. Les technologies de l’information et de la communication collaborent pour l’explosion des mesures temporelles et de la localisation de travail, ce qui constitue davantage un challenge de management et de planning qu’un souci de sécurité sociale, insiste Ludovic Guilcher. Chez Orange, une convention de transition numérique est d’ailleurs en cours de finalisation et portera sur la prérogative de se déconnecter ou d’être cognitivement surchargé.