Lorsque l’ESS met son empreinte au cinéma

Le cinéma social, réaliste et distractif, prend de l’ampleur face aux films traditionnels. Agnès Varda et JR ont levé des fonds pour leur projet de cinéma social le rendant participatif certes, mais créant un trouble culturel. De son côté, le Festival de Cannes a valorisé le cinéma social grâce à la projection du film d’Emmanuelle Bercot, ‘La tête haute’, et au personnage de Vincent Lindon dans ‘La loi du marché’.

Prédominance des sujets

Pour recevoir le qualificatif de ‘social’, un long métrage doit avoir une dimension participative. Il faut aussi limiter les profits et avoir un but social. Bref, ce sont les films tournés par les amateurs qui répondent à ce statut et non ceux faits par les experts. Cependant, les entreprises sont admises dans les normes ESS (Économie Sociale et Solidaire) de par leurs activités et non leurs identités. Ce sujet reste ouvert d’autant que le cinéma existe bel et bien et son sujet traite de prime abord du social. Un cinéma social réaliste amène son spectateur à la réflexion d’où l’apparition croissante des ciné-clubs finissant généralement en dîner-débat.

L’art de procéder

La base reste l’objet du film auquel s’ajoute la façon de faire des réalisateurs. Dany Boyle par exemple choisit de tourner en pleine foule pour montrer les images dans leur réalité sur ‘Slumdog Millionnaire’. De son côté, Laurent Cantet met en exergue sa façon de voir la société avec des situations et des personnages qui évoluent, donnant aux spectateurs l’envie de vivre cette autre réalité bouleversante et attrayante.

Qu’en est-il des acteurs et des réalisateurs ? Le cinéma social équilibre le nombre d’experts et d’amateurs pour lui donner cette image réaliste laissant même une place à l’improvisation.

Dimension participative

En matière de financement, il faut varier l’origine quitte à recourir à la levée de fonds comme l’a fait André Téchiné. Le spectateur peut contribuer au financement participatif, mais le débat dérive souvent vers une polémique inutile faisant oublier l’essentiel. Pourtant, il est indispensable dans le sens où les sociétés productrices refusent le financement lorsqu’elles jugent le sujet abordé dérangeant. Le cinéma social est considéré comme un média fournissant de l’information. Sa caractéristique principale est de traiter les sujets au quotidien. Ainsi, il permettra aux spectateurs d’avoir un tout autre point de vue sur la société.